Nathalie Manfrino

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GOUNOD – MIREILLE – Making OF

Gounod – Mireille – MAKING OF

Opéra Grand Avignon / décembre 2014

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DATES

Dimanche 30 novembre 2014 à 14h30 Mardi 2 décembre 2014 à 20h00
Direction musicale : Alain Guingal Mise en scène : Robert Fortune
Mireille : Nathalie Manfrino Taven : Sylvie Brunet-Grupposo Vincenette : Ludivine Gombert Clémence : Clémence Olivier La voix / Andreloum : Aurélie Ligerot
Vincent : Florian Laconi Ourrias : Marc Barrard Ramon : Nicolas Cavallier Ambroise : Philippe Ermelier Le passeur : Jean-Marie Delpas Le farandoleur : Jean-François Baron
Orchestre Régional Avignon-Provence, Chœur, Ballet & Maîtrise de l’Opéra Grand d’Avignon
Inspiré du poème « Mireio » de Frédéric Mistral, cet opéra créé en 1864 et maintes fois remanié est peut-être le chef-d’œuvre de Charles Gounot. Une œuvre simple, d’une douce fragilité et par là même très délicate, dont l’intrigue se situe à la frontière du pittoresque régionaliste et de la tragédie. Séduit par l’originalité du poème de Frédéric Mistral, Charles Gounot réussit à convaincre l’auteur de sa volonté d’en tirer un opéra. Le 12 mars 1863, les deux hommes font connaissance et Gounod s’installe alors dans un hôtel de Saint-Rémy-de-Provence où il fait venir un piano et compose sa partition en trois mois. Après des répétitions difficiles, l’œuvre fut créée au Théâtre Lyrique à Paris mais n’obtint qu’un succès relatif, dû principalement à la coupe en cinq actes et à la mort de l’héroïne à la fin de l’ouvrage. Le livret de Mireille n’offre qu’un reflet partiel de l’œuvre de Frédéric Mistral, elle-même conçue comme un vaste poème épique. Quant à la musique de l’opéra, elle est placée sous le signe de Mozart : plus que dans Faust, Gounod y apparaît en effet comme l’admirateur de « Don Giovanni », bien que le troisième acte présente une féerie musicale que de nombreux musicologues n’hésitent pas à comparer à celles de Mendelssohn ou de Weber.Figure mythique de la Provence, Mireille évoque à tout un chacun un climat, un parfum ou une image. On a le sentiment de la connaître, comme si elle faisait partie de la famille, avec une place privilégiée dans l’inconscient collectif. Cependant, fait observer le metteur en scène Robert Fortune, elle est semblable à « L’Arlésienne » de Daudet : si on en parle beaucoup, elle conserve néanmoins son énigme. L’œuvre, qui décrit une jeune fille de bonne famille amoureuse d’un simple berger et leurs amours contrariées, s’est imposée par transmission orale, léguant aux générations successives sa représentation d’un terroir et de ses habitants. Plus encore, du Sud et de la Méditerranée, puisqu’en composant Mireille, Gounod écrit : « Il y a ici, tout près, à vingt minutes de Saint-Rémy, la plus belle vallée qu’on puisse voir : c’est de la pure Italie, c’est même Grec. » De là à voir dans Mireille un peu de tragédie grecque, il n’y avait qu’un pas de plus à franchir dans la « suditude ». Robert Fortune part sur les traces d’une Provence à la douceur de vivre peut-être un peu lointaine mais dont l’empreinte subsiste dans les esprits. Il situe Mireille en 1900, époque où la société agricole et patriarcale bascule dans la nouvelle ère de la révolution industrielle. « En étudiant de manière plus approfondie le livret et surtout le texte de Mistral, dit le metteur en scène, nous nous sommes aperçu que Mireille parlait aussi d’un autre passage : celui d’une société baignant dans les croyances superstitieuses, les rites magiques, vers un monde plus rationnel, aux croyances religieuses plus ordonnées. »
Dans le cadre du 150ème anniversaire de la création de l’ouvrage
Production Opéra Grand Avignon