Nathalie Manfrino, Soprano

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Nathalie Manfrino Interview PTIBLOG

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Après le succès de French Héroïnes et à l’occasion de l’année Massenet (centenaire de sa mort), la jeune soprano Nathalie Manfrino rend hommage au compositeur français avec Méditations, son nouvel album. A travers son interview, Nathalie nous présente l’univers de Massenet et nous parle de son amour pour l’Opéra.

Peux-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Mon parcours est un peu atypique. Personne dans ma famille n’était chanteur ou lié avec la musique classique. On peut tomber là-dedans sans être un enfant de la balle. Vers 13/14 ans, j’ai découvert l’amour de la scène alors j’ai fait du théâtre. J’ai fait les cours Florent. Chez nous, il y avait deux disques de Puccini à la maison et cela a été le coup de foudre absolu. Je me suis mise à chanter par dessus les chanteuses. Ma maman m’a surprise et a trouvé que ma voix était puissante. J’ai pris un morceau des Noces de Figaro que j’ai appris à l’oreille car je ne jouais ni ne lisais la musique. Je me suis présentée au Conservatoire et j’ai été retenue pour l’audition de septembre. On m’a arrêtée pendant l’audition, on m’a demandé si je savais lire la musique. Je ne suis pas allée voir les résultats et c’est un copain qui m’a dit que je faisais partie des trois retenues sur 400.

Si tu travailles énormément, que tu crois en toi et qu’il y a possibilté de …, il se passera quelque chose. Bien sûr, il y a un facteur chance, une histoire de timing mais je crois au travail.

En 2009, tu proposes ton premier disque. Quel impact dans une carrière classique ?

Faire un disque est quelque chose d’incroyable car tu graves quelque chose, tu laisses une trace. En 2009, j’avais 10 ans d’une ‘petite’ carrière donc c’est comme un accomplissement. Le second album est plus important car cela veut dire qu’une maison de disque te fait confiance. En plus, ici, c’est un pari sur Massenet qui n’est pas aussi connu que les grands airs italiens. J’ai fait ce deuxième disque avec tout mon coeur et toute mon âme.

Ce disque consacré à Jules Massenet rend hommage à l’opéra français…

L’opéra français c’est les grands sentiments, les grandes héroïnes, de jolis textes très sensuels que je trouve encore moderne.

Dans Massenet, il y a un texte : ‘Regarde-les, ces lèvres et ce corps! Regarde-le, ce corps que ta faute a perdu sans retour !’ Sur scène, c’est assez intense.

On fête le centenaire de la mort de Massenet un grand compositeur français et c’est notre patrimoine culturel. C’est triste car ce compositeur est un peu oublié. Pourtant de tous les compositeurs français c’est ce qu’il y a de plus beau. Dans ce disque, il y a des choses qu’on n’a jamais entendues et des mélodies que l’on connait.

Le disque s’appelle Méditations car il y a toujours un moment qui tend vers le religieux. Massenet était très mystique.

L’opéra il faut l’apprivoiser. J’aime ce côté où il faut être un peu curieux. Même si Massenet cela a 100 ans, c’est notre culture. Cela nous concerne car ce qui s’est passé hier fait ce qu’on est aujourd’hui. Je crois énormément au patrimoine et ce que les anciens peuvent nous apporter. J’aime bien aussi la classe de cette époque.

Ton premier album French Heroïnes rendait hommage aux femmes et Massenet a toujours mis les femmes à l’honneur …

C’est très important. Les airs sont sublimes et ce sont aussi des grandes héroïnes. Ce sont aussi des courtisanes donc c’est rigolo et sympa à jouer. C’est délirant à faire car il y a des transitions : d’une courtisane qui court les hommes, elle devient une courtisane repentie. Elles vivent des grandes passions, des grandes histoires d’amour. C’est génial à faire sur scène. Ce n’est pas facile de le faire transpirer sur un disque. Heureusement,  je l’avais fait un peu sur scène. Le drame, le tragique, les grandes passions c’est passionnant : Cléopâtre et Marc Antoine, Salomé et Jean-Baptiste.

Massenet a sublimé les femmes.

Massenet a souvent écrit des rôles pour des chanteuses. Rêverais-tu d’être aussi une muse ?

J’adorerai. Je t’avoue quelque chose : mon mari est compositeur. Il a composé un opéra sur Derniers jours d’un condamné de Victor Hugo. C’est d’une modernité époustouflante sur la question de la peine de mort. Il l’a adapté et sa création présente un condamné de l’époque de Victor Hugo et une condamnée moderne dans le couloir de la mort. Il a sûrement pensé à moi.

Que dirais-tu aux jeunes pour qu’ils aient la curiosité d’écouter de l’opéra ?

Je dirai aux 15-30 ans : Venez voir l’Opéra en vrai sur scène car c’est étonnant la vibration d’une voix sans micro. C’est surprenant, cette voix travaillée depuis 10-15 ans, ce muscle qui est poussé à outrance qui passe au-dessus de 70/80 musiciens. Sans prétention aucune, cela a presque un côté surnaturel.

Il y a des jeunes chanteurs à l’opéra donc on joue de façon moderne avec ce qu’on est.

J’ai été marraine de ‘Tous à l’Opéra’ où l’on a fait des concerts gratuits. Au théâtre des Champs-Elysées, j’ai repris les grands airs connus de tous : ceux qu’on entend dans les pubs, dans les cinémas … cela ne me pose aucun problème. Il faut oser !

Pour terminer l’interview, un dernier mot pour nos lecteurs ?

Je dis à ceux qui sont vraiment curieux de venir le 31 mars au concert du théâtre des Champs-Elysées comme cela ils verront ce qu’est l’opéra. Après ils pourront dire s’ils aiment ou pas. On a le droit de ne pas aimer mais venez voir !

Merci beaucoup Nathalie d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. On rappelle que ton disque Méditations, hommage à Jules Massenet est toujours dans les bacs et que tu le présenteras le 31 mars au Théâtre des Champs-Elysées.

Laure PETIT

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